Hervé Philippe publie un premier recueil de caricatures Samedi 8 octobre 2005 -- La Tribune
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Il est peintre, illustrateur et humoriste à ses heures, mais Hervé
Philippe est aussi, depuis près deux ans, le caricaturiste attitré de La
Tribune, ce qui en fait un observateur avisé, et parfois malicieux, de
l'actualité, comme en témoigne Le surprenant, un premier recueil de
caricatures.
"La caricature m'a mené exactement vers ce que j'aime: l'humour, le
dessin et la critique sociale, parce qu'il y a du texte et que j'adore la
langue française et les calembours" raconte Hervé Philippe, dont
l'ouvrage sera lancé vendredi au Salon du livre.
Le livre, publié par les éditions Mine de rien, compte 96 pages et
regroupe des caricatures publiées depuis le début de l'année.
Un choix difficile
"Le choix est toujours difficile à faire. Il faut prendre les caricatures
les plus pertinentes et y aller par ordre chronologique pour que les
gens puissent se référer aux événements", explique Hervé
Philippe.
Formé à l'École des beaux-arts de Montréal, cet artiste qui a
grandi à Windsor se destinait à la peinture et au dessin.
De retour à Sherbrooke, il a touché au théâtre et Ã
l'improvisation, sans compter un job de morning man durant cinq ans Ã
CIMO-FM.
"Ils sont venus me repêcher parce que je faisais des textes d'humour,
mais j'ai abandonné au bout de cinq ans; j'avais besoin de revenir Ã
ce pourquoi j'avais étudié, à la peinture et à l'illustration", raconte-
t-il.
Et la caricature?
"C'est arrivé tout d'un coup. J'avais d'abord proposé mes services
à La Tribune pour remplacer pendant les congés et les vacances...
De fil en aiguille je me suis retrouvé à temps plein", explique Hervé
Philippe.
"Caricaturiste de presse c'est du travail, c'est un défi quotidien! Mais
ce qui est le fun là -dedans c'est d'être en pleine création", dit celui
qui, dès la petite école, s'amusait à dessiner ses professeurs.
Pondre chaque jour une caricature qui tienne compte de l'actualité
avec, si possible, un message qui fait autant rire que réfléchir n'est
pas chose facile.
Pour y arriver, la caricaturiste doit bien sûr suivre l'actualité et se
plier parfois aux horaires des conférences de presse et composer
avec des événements souvent imprévisibles.
"Certains matins, je sais d'avance ce que je ferai pour le lendemain
dans La Tribune. Parfois, ça va en fin d'après-midi et il peut même
arriver que je change de sujet à la dernière minute. Si un
événement se produit à brûle-pourpoint, on saute dessus!"
illustre Hervé Philippe.
Ses caricatures ont même eu un écho jusqu'à l'Assemblée
nationale du Québec, où quelques-unes ont été sélectionnées
pour une exposition à la bibliothèque de la vénérable institution.
"Ça m'a fait toute une surprise, parce que je suis nouveau dans le
métier", mentionne l'artiste à ce propos.
Esprit mal tourné
Et comment fait-on pour trouver le flash, l'idée de génie, l'image
forte ou le jeu de mots qui dit tout?
"Je ne sais pas, mais je pense qu'il faut avoir l'esprit mal tourné! En
humour, on a le réflexe de trouver le côté risible des choses; la
caricature est là pour faire rire, mais aussi pour faire réfléchir",
souligne-t-il.
D'où l'idée du caricaturiste de faire référence au film Le survenant
(une adaptation du roman de Germaine Guèvremont
pour le titre de son recueil de caricatures, qui est devenu Le
surprenant, illustré d'une caricature du premier ministre Jean
Charest, déguisé en Survenant.
"C'est Jean Charest qui est dans le rôle titre du film. Je trouvais qu'il
avait une bonne bouille et, comme premier ministre, il nous a surpris
souvent! " fait valoir Hervé Philippe.
Ce dernier a du reste invité le premier ministre au lancement de son
ouvrage, vendredi, au Salon du livre de l'Estrie.
L'auteur sera sur place samedi et dimanche, également, pour
rencontrer le public.
"Je reçois beaucoup de courriels de la part des lecteurs de La
Tribune. Je serai sur place pour signer le livre et jaser avec le monde.
Quand tu travailles dans l'ombre, ça fait du bien de rencontrer les
gens, ça met de l'huile dans ton moteur!" illustre-t-il.
